Chapitre 2 – Le gobelin dans la ferme

Avec leur nouvelle mission, les deux héros s’aventurent en territoire hostile à la poursuite des ravisseurs de la fille de l’aubergiste.

La nuit commençait à tomber quand les deux compères arrivèrent en vu de la ferme de Grunt. Le nom singulier de cet endroit vient d’une vieille histoire, un compte pour enfant connu des tous les peuples.

Grunt était le nom d’un Troll des cavernes un peu con qui s’était perdu dans la campagne. Ne retrouvant pas sa demeure il élu domicile dans cette ferme abandonnée où il y vécu comme un homme durant plusieurs décennies. Certain parle d’un troll qui fut victime d’un maléfice, l’obligeant à vivre comme fermier, d’autre qu’il fut banni de sa patrie et du se résoudre à vivre en dehors des grottes, et des mauvaises langues racontent qu’en entrant dans la ferme pour dévorer les habitants, le troll aurait percuté une poutre et serait devenu amnésique. A son réveil il aurait trouvé la ferme abandonné et en aurait conclue qu’il était chez lui.

La vieille ferme était toute branlante, les portes qui existaient encore étaient à moitié dévorées par les termites et de grandes balafres sur les murs indiquaient les assauts fréquents des prédateurs. Malgré cette allure peu engageante, la ferme offrait une meilleure protection qu’un feu à la belle étoile pour passer la nuit. Les rôdeurs, malfrats et vagabonds de toutes sortes y logeaient régulièrement puisque ça ne coûtait rien et étrangement, on pouvait passer une nuit là bas avec les pires canailles des environs, on ne risquait rien, tout le monde observait une sorte de trêve qui cessait dès le seuil de la porte franchit.

Poussant le battant en bois, Sof manqua de se prendre les pieds dans un amas de planche. Le plafond avait visiblement rendu l’âme pour une bonne partie créant ainsi une ouverture entre l’étage et le rez-de-chaussée. Deux pièces restaient habitables, l’atelier principal où était nos héros, et deux chambres à l’étage que le Troll avait changé en une seule un soir de beuverie. Le nain leva la tête pour regarder à travers le trou et il vit un gobelin le regarder fixement. Les deux protagonistes se regardèrent longuement, jusqu’à ce qu’un grand bruit les sortent de leur torpeur. Sof venait de percuter la table dont les pieds vermoulus avaient cédé sous la pression.

– On n’est pas seul, murmura le Nain.
– Et alors ? Il ne va pas nous manger.
– Rien n’est moins sur avec les gobelins.

Si l’étage offrait la meilleur des protections, la présence du gobelin les décida finalement à établir leur bivouac dans l’atelier et ce fut Sof qui commença à monter la garde.

Après quelques minutes, des flashs lumineux réveillèrent le Nain. Le guerrier s’amusait avec ses talents de paladin pour passer le temps, provoquant quelques lumières.

– Bordel, tu vas arréter ça ?
– Je m’ennuie.
– J’en est rien à foutre, je n’arrive pas à dormir avec tes saloperies de sortilèges. Et c’est mon tour de dormir.

L’apprenti paladin fit jaillir des étincelles de ses doigts, volontairement ou non, on ne le saura jamais, toujours est-il que la main du nain jaillit vers sa masse d’arme. L’humain eu un sursaut de frayeur et recula : « Ok c’est bon… j’arrête. ».

* * *

Le Nain se leva et s’étira, le jour venait éclairer la pièce à travers les vieux volets. Son compagnon dormait tranquillement à côté. Furieux, il le réveilla d’un violent coup de pied dans la cuisse.

– T’es stupide où quoi ? Tu t’es endormis pendant ta garde, tu devais me réveiller.
– On devait veiller à cause du Gobelin non ? Ben c’est plus un problème, il est partit, grogna l’humain.
– En pleine nuit dans une région hostile ?

Le nain monta à l’étage et constata effectivement, il n’y avait plus trace de la créature verdâtre.

Les deux amis finirent d’empaqueter leurs affaires et levèrent le camp. Dehors, le jour débutait à peine, le brouillard matinal caractéristique de la région masquait le paysage. Le Nain, plus près du sol que l’autre, remarqua le cadavre d’une petite créature dans un buisson.

– Le Gobelin est partit durant la nuit hein ?
– J’ai jamais dit qu’il l’avait fait de son plein gré…

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