Chapitre 9 – La voie du nécromant

Les sous-bois de cette région était particulièrement sombre. Des créatures étranges y vivait et il ne fallait en aucun cas s’écarter de la route sous peine de mort. Il ne restait que quelques heures de marches avant d’arriver au prochain village et les trois aventuriers avançaient prudemment, les armes à la main.

Même si très inhospitalière, la région n’était pas si dangereuse que cela, les voyageurs pouvait presque à coup sur passer sur la route sans aucun soucis, les torches qui l’éclairait suffisait à faire fuir les prédateurs. La plupart des victimes de la route qu’on appelle « La voie du nécromant » se faisaient tuer parce qu’elles ne respectaient pas les panneaux qui recommandent de rester sur la route, quoi qu’il arrive, quoi qu’on voit et quoi qu’on entende.

La dernière victime datait de plusieurs mois. C’était un chasseur inexpérimenté qui voulait impressionner son entourage en capturant une des célèbres veuve noires géantes des environs. On avait retrouvé que sa main, solidement accrochée à son arc.

Sof ayant déjà pratiqué cette région à l’époque où il était aspirant paladin, il avançait rapidement et en silence. Horghnar fermait la marche. Il n’était pas rassuré, mais il devait protéger Carina qui était terrifiée à l’idée de se retrouver face à une créature monstrueuse. Étrangement, le nain se serait attendu à ce que Sof profite de ce moment pour « rassurer » la jeune femme, mais le guerrier était visiblement très tendu. Peut-être que son dernier passage ici s’était mal passé.

Soudain, Carina poussa un cri, chose à ne surtout pas faire ici. Sof se jeta sur elle et lui intima l’ordre de se taire. Un peu à l’écart de la route, un cadavre était affalé sur un buisson, le pantalon sur les chevilles, deux autres cadavres étaient encore un peu plus loin, complètement déchiqueter. Visiblement, le premier individu avait une envie pressante et en s’écartant de la route, il s’était trouvé nez à nez avec une créature quelconque et ses deux amis avaient sans doute tenté de lui porter secours ou de le venger, sans succès.

Carina avait été surprise par ces cadavres, elle n’avait distingué que les formes et n’avait pas réellement identifié ce que c’était. Elle avait crié, pensant à un monstre.

Sans doute attiré par le cri, un petit louveteau sortit d’un buisson. Sof dégaina aussitôt.

– Non arrête, supplia la serveuse, ce n’est qu’un bébé.
– Ce n’est pas vraiment lui qui m’inquiète, mais l’adulte qui l’accompagne, répondit Sof.

Effectivement, une énorme louve grise sortit à son tour du buisson. Son regard se posa sur les trois compagnons de route puis sur sa progéniture.

– Surtout ne bouger pas, conseilla le guerrier.
– Tu crois que sa vision est basée sur le mouvement ? demande le nain.
– Sombre idiot, si tu fuis, tu deviens une proie, si tu charges tu deviens une menace, dans les deux cas tu te fais bouffer. On n’est pas de taille contre un loup et si par chance on arrive à le blessé ou le tuer, ça va certainement alerter sa meute.

Carina semblait fasciner par le spectacle. La louve semblait hésiter entre partir avec son bébé où attaquer pour le protéger. Elle attendait une réaction de la part du groupe. Elle s’approcha lentement, Horghnar leva lentement sa masse d’arme mais la jeune femme posa sa main sur son bras pour l’en empêcher. La louve attrapa son petit dans sa gueule et partit à toute vitesse, disparaissant dans les bois.

Le reste du trajet se déroula sans encombre. Arrivé en ville, Sof se signala à la chef des Veilleurs, la garnison de la ville, et lui expliqua que trois individus étaient morts. Ils continuèrent à discuter quelques minutes comme de vieux amis. Assis sur le rebord de la fontaine avec Carina, Horghnar observait la scène. Quand la chef des gardes se mit à rire, il vit de la jalousie dans le regard de Carina.

 

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