Pixels

pixelsPixel fait partit de ces films dont on attend rien, mais qui arrive à nous décevoir au delà de ce qu’on pouvait imaginer. Au départ on se dit “Mouais ca va être bof”, mais en réalité c’est beaucoup plus que cela. C’est extrêmement mauvais et ça transporte un message tellement moche sur les jeux d’arcade et les joueurs que je ne sais pas si le but était de se moquer des jeux vidéo ou leur rendre hommage.

Note : ★☆☆☆☆

En 1982, la NASA envoie une sonde dans l’espace avec à son bord l’enregistrement d’une compétition de jeux d’arcades. Des années plus tard, des aliens reçoivent la capsule mais interprètent les jeux vidéos comme un défi guerrier.

D’un point de vue réalisation, l’effet pixel (voxel pour les puristes) des personnages de jeux vidéo est très bien rendu. Il y a un joli travail d’animation notamment sur les phases de reconstitution des jeux dans le monde réel, mais ce sont les seuls phases réellement intéressantes de tout le film. Elles mettent en avant le savoir-faire des joueurs qui sont capables de décrypter les mouvements et d’anticiper bien mieux qu’un non-initié pourrait le faire.

Le film oscille entre deux eaux, d’un côté le dialogue avec les néophytes qui est extrêmement basique voir simpliste : un championnat du monde avec uniquement des enfants, des concurrents qui s’affronte sur un seul et même tableau à tous les jeux et des cheat-codes en pleine partie. D’un autre côté, beaucoup de clin d’oeil aux connaisseurs comme les noms des fantômes de Pac-Man, des 1up sur les combinaisons ou …

En dehors des phases de jeu, on a droit à un humour gras, avec du gras et parfois un peu de gras… Il parait qu’une partie du scénario a été réécrite par Adam Sandler… La plupart des personnages sont là pour faire rire et c’est le problème. Rien n’est sérieux face à des aliens qui menaces de s’approprier la Terre, l’enjeu ne se ressent absolument pas. Tout n’est que cliché et humour gras. Entre le nerd présenté comme un génie qui est en fait un mec qui installe des systèmes audo-vidéo parce qu’il ne sait faire que cela, le petit gros “surdoué” qui vit chez sa grande mère et dont la chambre ressemble plus à celle d’un conspirationniste avec en prime un autel dédié à une héroïne de pixels et la position aussi improbable de président couillon et analphabète pour le troisième. Et que dire du seul personnage féminin… la belle jeune maman fraîchement divorcée qui se répend en larme sur le technicien venu lui installer sa télévision et la stéréo et qui refuse de l’embrasser parce que bon quand même, c’est juste un technicien et qui avoue quelques minutes après que s’il avait été riche, elle l’aurait fait sans problème.

L’idée de base est plutôt bonne et on ne demandait rien de plus que les phases de reconstitution. Mais à la place, on a droit à des personnages très lourds à supporter et sans aucune cohérence ou consistance. Sur quatre anciens joueurs d’arcade enfant, on a droit à un électricien, un asocial conspirationniste, un taulard et un président. Il n’y a avait pas mieux que de jouer avec les extrêmes, un père de famille normal plutôt qu’une romance à la con avec une potiche ? Le seul qui pourrait être normal c’est l’électricien mais le film passe son temps à lui dire qu’avec ses capacités il aurait pu mieux faire. Mais quelles capacités ? Celles de savoir jouer à Centiped ou Donkey Kong ? Ça ne vaut rien si ce n’est une satisfaction personnel, ce ne sont pas des compétences reconnues.

Dans ce domaine, si on exclue les phases d’arcade, King of Kong est un bien meilleur film. Déjà parce que c’est un documentaire, mais surtout parce qu’on voit des personnes adultes qui plus tard font autre chose. Alors certes ils accordent beaucoup de temps à leur passion, mais pas plus que quelqu’un qui a une passion quelle qu’elle soit. Les personnages restent des pères de familles avec des obligations et non pas des asociaux finis.

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