A Cure for Life, critique de critique

a-cure-for-life-2Parce que j’ai du temps à perde et que cet article m’a particulièrement fait rire, je ne peux résister aux sirènes faciles de la langue de pute.

L’article commenté ici sera donc : A cure for Life – la critique du chef d’oeuvre de Gore Verbinski du site www.avoir-alire.com.

Je serais absolu et acerbes dans mes propos. Allons-y…

La version réussie de Crimson Peak de Guillermo del Toro. Une œuvre tordue, intense et atypique, dont l’hommage au cinéma gothique relève de la démence pure. Jubilatoire !

Mais il est très bien Crimson Peak, bien plus gothique et travaillé que ne l’est A Cure of Life.

En bonus, vidéo sur les « ghosts » incarnés par des acteurs : https://www.youtube.com/watch?v=m3fo_u6sTrE

A cure for life ne ressemble en rien à l’offre actuelle de la production horrifique. Le film d’épouvante n’est pas un micro-budget à moins de 10M$, contrairement à 90% de ce qui se produit dans le domaine. L’on parlera d’ailleurs d’œuvre et non de produit, et elle est assumée comme tel par son studio.

En même temps le réalisateur est à l’origine des trois premiers Pirates de Caraïbes et donc ça explique le pourquoi du budget. Un réalisateur amateur, pour ce type de projet, aurait un budget de moins de 10M$.

Ce n’est ni un remake, ni un reboot, encore moins une suite, et l’on ne sait jamais trop la direction que les scénaristes souhaitent emprunter tellement l’habillage est étrange.

Comme beaucoup de films qui sortent chaque année, mais je vous invite à vous rendre au cinéma pour le voir plutôt que de rester sur des clichés #AttaqueFacile.

Il n’y a point d’héroïsme, puisque le personnage central est plus proche de l’anti-héros-égoïste que des canons de beaux gosses contemporains qui polluent un type de divertissement injustement associé au public adolescent. De surcroît, le thriller abonde dans les thèmes glauques, entre inceste, viol ou réflexion sur le vieillissement en sanatorium, ce qui n’est pas franchement sexy pour les plus jeunes. Le réalisateur ose l’audace en alignant les séquences malaisées (gare aux dents et aux sangsues phalliques), et ne se montre nullement pudique quant à la nudité. Verbinski semble même vouloir porter un message sur la finance, avec une critique en filigrane du système financier capitaliste (assimilé donc aux sangsues, la métaphore est filée et offre une lecture riche de l’ensemble du film), de l’aliénation au travail…

  1. La fameuse critique en filigrane, la métaphore filée, ne tient que pour 3 scènes d’environ 30sec chacune dans le film.
  2. Le vieillissement en sanatorium n’est pas glauque, on appelle cela des maisons de retraite et ce n’est pas le cas du film est se base sur une cure thermale.
  3. L’audace des séquences malaisées… Franchement vous devriez sortir des blockbusters habituels que vous semblez ne pas apprécier, vous en verrez bon nombre de séquences malaisées (et pas forcément dans de bons films d’ailleurs).

Plus qu’inhabituel également, A cure for life affiche une durée excessive de 2h30, jamais observée dans le domaine.

  • Cure of Life = 147 minutes
  • Titanic = 194 minutes
  • SdA : le Retour du Roi = 201 minutes (version courte)
  • SdA : le Retour du Roi = 252 minutes (version longue)

Et ce ne sont là que des exemples faciles et très connus. Alors après il est possible qu’on parle du domaine de l’horreur ? Dans ce cas je vous conseilles The Strangers sortit il y a quelques mois à peine en France avec une durée de 156 minutes (oui, 9 de plus) et qui d’ailleurs est autrement plus malsain est intriguant que A Cure for Life.

Sinon Shinning ne fait qu’une minute de moins et Ca/ Il est revenu dure 192 minutes.

Ce qui peut être un frein avant d’entrer en salle, devient source de « bien-être » (wellness, en anglais), puisque l’on s’installe dans un trip intemporel, où l’on est invité à perdre ses repères hors du réel. La démarche ne répond pas à des obligations narratives (cela n’apporte a priori rien au récit, qui aurait largement pu être condensé), mais cela donne corps à la narration. Celle-ci précipite un jeune yuppie de la finance américaine, dans un établissement médical huppé, perdue dans les montagnes, à la recherche du patron d’une grande société, parti en cure. Il va lui-même perdre la notion du temps. Ce qui devait être un passage de quelques heures devient un séjour quasi… tombal. Ne soyons pas réfractaire face à la durée, l’ennui est inexistant et le sentiment d’apprécier le film dans sa littérarité est un vrai bonheur de cinéphile.

Ce qui est présenté dans le film comme des hallucinations n’en est en fait pas. Le seul moment « halluciné » est en réalité un rêve. A la base, l’intérêt de ce genre de principe réside dans le fait qu’on ne sait pas si ce que le personnage voit est réel ou halluciné et donc créé un sentiment d’inconfort, le but du film étant de nous faire douter le plus longtemps possible de la vérité jusqu’à la révélation finale qui doit survenir en fin de film… Ce n’est pas le cas ici, la démystification des hallucinations arrive environ après 1 tiers de film.

De fait oui le personnage perd tout repère temporel, sa montre est cassée, en fait non c’est pire que cela, nous avons un gros plan sur la montre qui s’arrête d’elle même à la même heure que l’heure à laquelle le « héros » s’est présenté à l’accueil du centre. Mais aucune explication sur le pourquoi ou même un redémarrage de la dite montre qui pourrait signifié quoi que ce soit. non c’est juste grossier et sans intérêt.

Comble du plaisir et de l’originalité dans le genre, le regard du cinéaste est celui d’un visionnaire qui compose l’image de trouvailles épatantes, infiniment grandioses et vertigineuses, à l’image du cadre alpin qui sert d’arrière-plan délicieusement gothique, effaçant ainsi les souvenirs d’une décennie de found-footages moisis.

Alors oui c’est beau, mais ne seriez vous pas resté bloqué sur Blair Witch ? Ce qui expliquerais que vous découvriez ce genre d’esthétique. Non parce que je vous reconseille The Strangers ou Derniers train pour Busan pour esquiver le found-footage ou le reste de la filmographie « gothique » de Del Toro.

Sans aucune star à l’écran, le film est le fruit de l’imagination d’un réalisateur plutôt méconnu du grand public, même s’il a réalisé Pirates des Caraïbes ou le remake américain réussi de Ring, Monsieur Gore Verbinski. Le studio l’a suivi dans cette aventure irrationnelle, alors qu’il se relevait à peine d’un des plus gros échecs américains de la décennie, à savoir l’étonnant Lone Ranger, avec Johnny Depp, où il démontrait déjà qu’il n’était pas un cinéaste comme les autres, dans son goût pour les inserts décalés, du sublime visuel, et des durées, pour le coup, excessive.

C’est oublier Jason Isaacs, vous savez, Lucius Malefoy des Harry Potter, qui a aussi joué dans Armageddon, The Patriot et la Chute du faucon noir… mais j’en oublie. Et Dane DeHaan qui était magistral dans Chronicles, un peu moins bien en Bouffon Vert des Amazing Spider-Man et prochainement à l’affiche du Valérian de Besson…

Quant à Gore Verbinski, les inserts décalés ou humoristiques sont la pattes Disney depuis l’arrivée de Marvel…

Aussi, nous saluerons Twentieth Century Fox, comme Warner à l’époque du remake de Mad Max, pour cette prise de risque commerciale décidément trop rare.

Tout film est une prise de risque… Le meilleur film du monde peut se planter en salle, comme un film moyen peut avoir du succès.

Nonobstant tous cela, l’on notera la multitude de critiques négatives que le film a reçue aux USA, dénotant les attentes trop élevées de certains après le visionnage de ses intrigantes bandes annonces. Il est vrai que l’aboutissement narratif n’est pas des plus satisfaisants, tout en étant curieux. Et c’est peut-être, nous semble-t-il, le seul petit reproche à faire au film qui n’offre pas vraiment de rebondissements de situation qui permet une relecture du film. Certains blâmeront le cinéaste pour ses excès d’ambitions.

Là je suis d’accord, le scénario est tout juste bon à servir de litière pour chat. Encore que j’en connais plusieurs qui m’en voudront de fournir si mauvaise litière à leur félin.

Dans la démesure, A cure for Life, titre ironique « français » à peine mieux que l’original (A cure for wellness), peut susciter l’animosité, voire l’antagonisme des réfractaires qui ne se retrouveront pas dans cet univers sombre, loin du pop corn movie habituel, vendu pourtant par une ridicule petite affiche de série B qui ne reflète pour le coup rien du monument gothique de Gore Verbinski.

Qu’est-ce que vous avez dit là ? J’ai été obligé de m’y reprendre à trois fois pour comprendre.

  1. Le titre français n’est pas plus ironique que le titre d’origine.
  2. L’antagonisme se dit de deux opposés, dois-je comprendre l’opposition des réfractaires ? Mais s’ils sont réfractaire sont-ils forcément aux abois d’un pop-corn movie ?
  3. Selon Wikipédia, Notre-Dame-de-Paris est un monument Gothique.

Dans tout son dispositif de l’étrange et avec ses grands moyens A Cure for Life semble appelé à être un échec en salle. Malheureusement. Mais si tel est le cas, l’œuvre saura in fine se relever. Dans 15 ans, l’on imagine une autre génération s’interroger sur la réception critique et publique initiale d’un tel parangon du cinéma visionnaire.

Il n’y a que le vin et l’esprit qui se bonifie avec l’âge, c’est pour cela que l’alcool est un spiritueux (parce qu’il a une âme, pas parce qu’on est des alcooliques).

Petit florilège de citations de moi-même, car citer autrui c’est mainstream :

  • Une merde, avec le temps, ne deviens qu’une merde sèche.
  • L’étron d’hier ne sera qu’un étron de plus demain.

En attendant, un conseil, il serait infiniment dommage de se priver sur grand écran d’une vision aussi élaborée de cinéma. Sachez que l’auteur de ses lignes a parfaitement jubilé sans jamais sombrer dans l’ennui. Trop occupé à vivre l’expérience, comme ce qu’elle est, un magnifique hommage au cinéma et à la littérature gothiques britanniques. Oui, il y a du Mary Shelley, pour son goût pour la science, mais aussi du Horace Walpole et du Ann Radcliffe, dans cette peinture accidentée de la nature, donc forcément romantique également, au sens pictural du terme.

Après ma diatribe à votre endroit (je dirais encontre si je vous tirais dans le dos), je ne peux que louer votre félicité sur le propos de cette oeuvre que je ne peux que qualifié d’abomination esthétique selon mes critères complètements subjectifs.

Quand à la peinture accidentée, elle ne se dépeint que par l’infini tristesse du cerf mourant abominablement sur la route pour le plaisir jouissif du réalisateur et visiblement votre propre jubilation. L’abominable allant à la fois à la forme, c’est à dire une image de synthèse toute naze, et au fond, avec cette torture voyeuriste malsaine sans aucun autre argument que le plaisir de voir un animal mourir coincé dans un débris de voiture.

Cette offre d’alternative au cinéma balisé hollywoodien était inespérée. Le résultat dément tient du miracle. Tout simplement immanquable.

Je vous invite à ouvrir vos horizons et de ne pas décrié le système pour ce qu’il est, il est quand même important de rappelé que nombre de films dit hollywoodiens sont des oeuvres magistrales qu’elles soient détestées or adulées et qu’à l’inverse, comme autant d’oeuvre non-hollywoodiennes.

Aussi j’achève cette critique post-critique, comme le réalisateur aurait du avoir la décence d’achever le noble animal, en soulevant une interrogation : Pouvez-vous expliquer l’adjectif hollywoodien ?

Vous avez 4 heure.

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