A qui profite la gentillesse

Dans la même ligne que mon précédant article sur le respect de l’autre et le sens critique, cette fois je m’attaque au pessimisme ambiant, cette chose insidieuse qui circule dans les esprits et qui nous force à croire que tout le monde agit par intérêt et jamais par simple gentillesse ou compassion.

Ndla: les organisations et personnalités politique ne sont pas inclus dans ce qui va suivre.

Il y a quelques semaines, la toile s’est prise d’affection pour Daniel Fleetwood, un fan de Star Wars atteint d’un cancer en phase terminale qui souhaitait, avant de partir, voir le nouvel épisode de sa saga préférée. Son voeux a été exaucé, ce qui a émut une bonne partie réseaux sociaux au point que cela soit relayé sur les média nationaux français (M6, France Info…). Jusque là, tout va bien. Ce sont les réactions face à la réponse de Disney (si c’est Disney qui a pris la décision mais pour cet article, on va dire que oui) qui m’ont surprise :

“C’est un coup marketing”
“Il l’ont fait par intérêt”
Etc….

Le problème de ce genre de décision publique, c’est qu’elle relève plus de l’obligation que d’un réel choix. Imaginez deux secondes la réaction si Disney refuse ou pire encore, si Daniel décède alors que Disney ne répond pas. Le contre-coup médiatique pourrait être dramatique même s’il n’y a pas volonté de nuire. La situation telle qu’elle est présentée est critique pour le géant du divertissement au point qu’accepter ce n’est pas saisir l’occasion de se faire de la pub, c’est assurer sa survie contre ce couteau sous la gorge.

De la même manière, quand une personnalité artistique prend la parole pour dénoncer, participer ou faire connaître une grande cause, on hurle au coup de pub. La question est : est-ce que cette personne en parle car sa voix porte et parvient à beaucoup de monde ? est-ce qu’elle en parle pour exister sur la scène médiatique ?

On touche là un des points essentiel du problème. A l’heure ou tout le monde y va se son petit commentaire sur internet (comme moi actuellement), est-ce que les personnes publiques sont les seules à devoir se taire et ne pas s’exprimer ?

Il est difficile de démêler le vrai du faux. Est-ce que telle célébrité agit pour sa propre cause ou par réelle conviction humanitaire ? Est-ce que telle multinationale agit pour son intérêt ou par simple altruisme ? Dans la mesure ou toute bonne action a des retombées médiatiques positives, comment faire la différence entre une action menée réellement pour le bien commun ou une action menée pour obtenir une compensation médiatique ?

Nous pouvons allé encore plus loin dans la démarche avec le don d’argent contre défiscalisation que pratiques certains groupes ou certaines personnes. Il est tout de suite plus évident et sans doute plus tentant de dresser un procès d’intention quand de grosses sommes sont en jeu. Pour autant, est-ce que nous devons condamner ces dons ? Ou simplement les bénéfices qu’en tire ces gens ?

Si nous tirons le trait encore plus, et là nous sombrons dans la caricature et le ridicule, devons nous nous méfier d’une personne oeuvrant dans une organisation humanitaire car ça lui permet de se sentir au dessus de ceux qu’elle aide car elle a le temps et l’argent lui permettant de faire cette activité ?

Il y a plusieurs types de personnes:

Ceux qui sont des pessimistes désespérés et qui voient tout en noir au point de douter que chaque action les vise personnellement et est faite pour les enfoncer encore plus et cachent leur peur derrière un prétendu réalisme.
L’optimiste qui se dit que non, les gens font plus de bien que de mal.
Puis il y a le juste milieu, ceux qui sont conscient que chaque action entraîne des conséquences, positives ou négatives, et qu’une société ou une personne est tout à fait apte à faire une bonne action et si celle-ci leur apporte de la visibilité tant mieux. Cela n’en fait pas pour autant des monstres sans scrupules donc le seul objectif est l’extinction de la race humaine.

Je préfère voir le « coup de pub » comme une conséquence dont on a conscience et non comme un objectif, c’est un raisonnement moins cynique.

Cet article est dédié à Daniel Fleetwood décédé ce matin ou j’écris ces lignes, et à Disney qui a réalisé son dernier souhait.

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