Histoire d’un marque-page

Il y a quelques jours, j’ai nonchalamment jeté un oeil à mon marque-page, un vieux truc auquel je suis mine de rien assez attaché, sans aucune raison particulière… mais ce marque-page a une histoire.

Histoire d’un marque-page

Tout le monde un jour a perdu un bout de papier, un truc qui traîne dans un placard ou dans un tiroir et qui se perd du jour au lendemain, puis se retrouve quelques années plus tard alors qu’on a changé plusieurs fois d’appartement. On se dit alors « Tient, il est encore là lui ! ».

Il n’y a pas vraiment d’attachement à ce bout de papier, jamais on ne viendra le chercher volontairement, mais on est content qu’il soit là.

L’histoire commence en 2002 ou 2003, je n’ai pas vraiment la date exacte. Je peux re-situer cette période pour une seule raison, c’est écrit sur le marque page. D’ailleurs, ce n’en n’est pas un au sens strict. Parfois, on utilise un post-it plié en deux pour ne pas coller la page, ou encore un bout de papier déchiré qui passait par là, voir même un morceau de carton tiré d’un rouleau de papier-toilette vide. En gros, ce qui nous tombe sous la main au moment où on arrête la lecture. Dans mon cas, il s’agit d’un prospectus que les éditions Fleuve Noir ont glissé dans quelques-uns de mes romans Star Wars et qui du coup correspond parfaitement aux dimensions d’un marque page standard pour livre de poche.

Là où ça devient amusant, c’est que ce prospectus fait de la publicité pour les sortis des romans Starcraft, Warcraft et Diablo de Mai 2003. C’est à dire environ un an et demi avant la sortie de World of Warcraft, et environ cinq ans avant que je ne découvre la licence Warcraft et Blizzard en général.

Ce n’était qu’un bout de papier glacé trouvé dans un roman qui me servait de marque page. Je me souviens qu’à une certaine époque, j’ai cherché ce marque-page sans doute pour qu’il remplisse son rôle.

Et il y a quelques jours, alors que j’ai commencé un nouveau roman, le marque-page est réapparut, comme répondant à un appel. Est-ce qu’il avait toujours été à la même place mais que l’absence de lecture en cours me masquer sa présence ? Où est-ce qu’il est devenu conscient ?

Je me suis du coup rendu compte que le visage visible que le marque-page n’était autre que celui de Sarah Kerrigan que les amateurs de Starcraft connaissent bien. Avant, je le prenais pour un visage de zombie lambda.

En dix ans, après trois déménagements et au moins une centaine de romans dont certains en voyage, ce marque-page est en parfait état, pas un seul coin corné, pas une seule pliure. Il est plat, parfait, comme si j’en prenais soin sans réellement m’en rendre compte.

C’est comme s’il avait toujours été là, je ne me souviens même pas quand ce petit bout de publicité est entré dans ma vie, mais depuis, il a fait du chemin et j’espère qu’il en fera encore.

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