Une belle fin

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une-belle-finFresque tragique mais captivante, Une belle fin nous transporte dans le monde de la solitude et de la tristesse sans pour autant sombrer dans le pathos ou le mélodramatique.

Note : ★★★☆☆

John May a la lourde tâche de s’occuper des funérailles des personnes laissées à l’abandon dans un quartier de Londres. Son travail consiste à retrouver des amis ou de la famille pour assister à la cérémonie ou ne serait-ce que récupérer les affaires du défunt. Mais il est beaucoup trop consciencieux et ses enquêtes sont souvent longues et coûteuses par respect pour ces personnes décédées seules et pour cela, il se fera licencier au terme de sa dernière enquête : William Stroke.

Il y a une certaine part de voyeurisme dans ce film où le personnage principale doit inspecter les logements des morts, lire leur courrier, regarder leurs photos pour essayer de découvrir des indices pour communiquer le décès aux proches. Mais il y a aussi un immense respect de la personne qui commence en ne jugeant pas les habitudes et se termine par la rédaction de leur éloge funèbre.

A cause de sa solitude, John s’attache énormément à ses défunts et fini par les connaître si bien qu’il peut presque les considérer comme des amis. On pourrait avoir l’impression que le film se sert de la misère de ces personnes pour émouvoir le public, mais c’est en réalité la reconnaissance de l’implication personnel du personnage principal qui est mise en avant, sa volonté de clore sa dernière enquête avant de passer le flambeau.

C’est donc cet altruisme sans borne qui pousse John à écrire les éloges funèbres et à choisir la musique lors des cérémonies. C’est aussi ce même altruisme qui va le conduire sur le route d’un homme avec une vie chaotique très éloignée sa propre vie morne et solitaire. Mais s’il y a de l’altruisme, il y a aussi de l’égoïsme. William Stroke, homme seul, délaissé et alcoolique mais également voisin inconnu de John, représente ce qui attend notre personnage principal une fois sa tâche achever. Souhaite t’il savoir si William a été heureux avant ou s’ils sont simplement passé par les mêmes choses, ce qui le conduira à terminer sa vie de la même manière, seul, et devenant par là un nouveau dossier pour son ancien poste ?

Fort heureusement, la solitude et la tristesse ne sont pas les seuls à faire partie du voyage. L’humour ponctue le récit par toute petite touche pour que l’ensemble dégage une ambiance calme et sereine, loin de tous les préjugés qui entourent les solitaires. Les personnes solitaires sont-elles réellement seul par fatalisme, par choix ou par une absence d’opportunité ?

Une belle fin s’intègre donc à la liste des rares oeuvres cinématographiques capables de m’émouvoir aux larmes.

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